Solidarité Handicap Autour des Maladies Rares
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Solidarité Handicap Autour des Maladies Rares

Rencontre avec « un petit homme » mais quel « Grand  Monsieur »

En 2007, Brian-Elliott Rowe, directeur de la Galerie

BE-Espace (57, rue Amelot - 75011 Paris) a consacré une nouvelle exposition à Paul GUTERMAN, peintre, illustrateur et graveur.


Après l’événement-découverte « 60 ans d’effervescence artistique », présenté en 2004, ce 2e volet « Terre, Mer, Mystère » s’aventure - en une cinquantaine de tableaux - sur les rivages picturaux de la Côte d’Opale, entre Paris et Berck-Plage.


Fasciné par la mer, Paul GUTERMAN se vit comme un navigateur au long cours d’une terre picturale inconnue. Explorateur des âmes, des paysages, il nous donne à voir des compositions troublantes de réalités mêlées à ses références littéraires ou mythologiques : Jules Verne, Ernest Hemingway, Poséidon.... Le spectateur s’y reconnaît ou s’évade vers les contrées d’un imaginaire sans limite. Magie des pastels aux teintes opalescentes, Paul GUTERMAN manie avec subtilité pinceaux et crayons. Fidèle à Berck-sur-Mer depuis sa plus tendre enfance – pour sa santé, son oxygène – il respire l’air du large, s’inspire des chalutiers, des pêcheurs. L’horizon de ses aquarelles baigne dans les couleurs si particulières du Nord, un gris irisé où perle le rose, un bleu grisé par le vent et la pluie, un soleil voilé d’arc-en-ciel.

  

Paul est atteint de la « maladie des os de verre » je suis encore transportée par l’admiration, comment a-il pu trouver la force depuis l’adolescence, pour peindre autant.

Sa pathologie mise de côté, Paul  enchaîne les toiles depuis l’âge de 14 ans, juste soixante ans qu’il aligne les projets, il dessine, il peint et il grave !!!!

Je tenais à vous parler de cette rencontre un peu particulière, ou le handicap disparaît pour laisser place à l’artiste.

Durant la journée de formation scientifique le 22 février 2008, organisée par l’Association de l’ostéogenèse Imparfaite, dans les locaux de l’hôpital Trousseau, j’ai eu le privilège de découvrir les toiles de Paul Guterman, j’ai échangé quelques phrases avec cet Artiste hors norme et le Directeur de la galerie Brian-Elliott Rowe. J'en garde un excellent souvenir et je reste persuadée, une fois de plus que le « handicap n’est pas insurmontable » et qu’à force de persévérance, l’être humain a de grandes possibilités et des dons à exploiter.

Observateur minutieux des scènes qui se déroulent sous ses yeux, il croque à vif les caractères dans leur vérité crue. La rigueur du trait rend hommage aux charpentes des bateaux, aux visages burinés des marins, à ce monde d’hommes rugueux et fraternels. Ils l’emmèneront à bord, il sera des leurs. Embarquer, larguer les amarres, hisser les voiles, jeter et tirer les filets. « Oh ! Combien de marins, combien de capitaines qui sont partis joyeux pour des courses lointaines... ».

Des souvenirs à ras bord, il affûte sa plume, emplit ses carnets, témoigne. La coque s’enfonce dans la brume, au loin tous les mirages de la vie rêvée de Paul GUTERMAN. Partir enfin, être libre.

Inventive, la scénographie nous emporte, alors, vers des œuvres surréalistes magistrales. Un torse viril s’extirpe des entrailles de la terre, de la mer féconde. Arc-bouté sur son ancre, l’homme sauvera-t-il l’humanité ? D’un seul geste, il crève la perspective. Ferrailler contre les éléments, les vents contraires. À la lueur du phare, la femme s’échoue sur les rivages du possible. Incertains, tous deux attendent le réveil du jugement : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». humaniste, invite à décrypter le symbolisme qu’il

distille : un beau voyage dans le mystère des terres et mers promises.

Leur âme vacille. L’encre noire incise les visages et les corps, lacère le ciel. Leur conscience s’arrime à l’énigme de leur destinée. Homme-poisson, homme- cheval, femme-coquillage, l’artiste enfante ses propres créatures.

Enfin, c’est Don Quichotte qui surgit. Version corsaire, son foulard rouge déborde sous le casque, juché sur Rossinante ou accompagné de son célèbre complice, il part à l’assaut des toiles de l’artiste.

Paul GUTERMAN se projette dans ce héros intemporel – toujours moderne -, comme en écho à sa propre vie, comme une parabole de ses aspirations intimes. Idéaliste, il transmet sa vision humaniste, invite à décrypter le symbolisme qu’il

distille : un beau voyage dans le mystère des terres et mers promises.

Paul et Annie

Nicole Champavier Présidente de l'AOI

Annie Moissin

Brian-Elliott Rowe

Paul Guterman